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Les 12 erreurs qui peuvent fragiliser un DIP en franchise

  • il y a 2 minutes
  • 6 min de lecture

Un DIP peut faire 80 pages, avoir une belle couverture, des tableaux impeccables et être signé par le candidat… et pourtant être particulièrement fragile.

Un articlé rédigé par Ajenda, le spécialiste du DIP


C’est même l’un des paradoxes du document d’information précontractuelle.

Parce qu’un bon DIP n’est pas nécessairement un DIP volumineux. C’est un DIP cohérent, sincère, à jour et suffisamment précis pour permettre au candidat de s’engager en connaissance de cause.



Et certaines erreurs reviennent régulièrement.


1. Confondre « beaucoup d’informations » et « bonne information »

C’est probablement l’erreur la plus fréquente.

Un DIP de 120 pages n’est pas nécessairement meilleur qu’un DIP de 50 pages.

Accumuler des statistiques nationales, des graphiques de marché, des articles de presse ou des données macroéconomiques ne compense pas une information essentielle absente ou obsolète.

Le candidat doit pouvoir comprendre où il met les pieds.

  • Qui est le franchiseur ?

  • Quelle est son expérience ?

  • Quel est le marché ?

  • Comment fonctionne le réseau ?

  • Combien d’exploitants sont encore présents ?

  • Combien sont sortis ?

  • Quelles sont les conditions du contrat ?

  • Quelles dépenses spécifiques devra supporter le futur franchisé ?

Le DIP doit répondre à ces questions de façon lisible et cohérente.


2. Copier-coller le DIP de l’année précédente

Le fameux DIP de 2025 légèrement retouché pour devenir celui de 2026.

Une date changée ici. Un chiffre actualisé là. Et tout le reste inchangé.

C’est tentant. C’est aussi une très mauvaise méthode. Un réseau évolue. Ses franchisés changent. Des contrats arrivent à échéance. D’autres sont résiliés. Des points de vente ouvrent. D’autres ferment. Le marché évolue. Les investissements évoluent. Le contrat évolue. Le DIP doit donc être revu, pas simplement reconduit.


3. Présenter un marché général… sans vraiment traiter le marché local

C’est un grand classique.

On trouve parfois plusieurs pages sur le marché français :

  • « Le marché représente X milliards d’euros. »

  • « Il progresse de X %. »

  • « Le nombre de consommateurs augmente. »

Très bien.

Mais le futur franchisé va ouvrir à Nantes, Metz, Nice ou Clermont-Ferrand.

Et son risque économique dépendra aussi de ce qui se passe autour de son futur point de vente.

Attention toutefois à une nuance importante : la loi impose une présentation de l’état général et local du marché et de ses perspectives, mais la jurisprudence n’impose pas au franchiseur de fournir une étude de marché locale complète au sens d’une véritable étude de faisabilité. (courdecassation.fr). La différence est importante.

Un DIP n’est pas une étude de marché. Mais un paragraphe générique sur le marché national ne devrait pas non plus être utilisé pour faire croire que le marché local a été analysé.


4. Faire du géomarketing un argument commercial… puis l’oublier dans le DIP

C’est particulièrement intéressant pour les réseaux qui accompagnent fortement leurs franchisés dans le choix des implantations.

Si le franchiseur affirme : « Nous sélectionnons les meilleurs emplacements grâce à notre expertise » puis remet un DIP totalement générique sur le marché local, il y a une vraie question de cohérence.

Le DIP doit être cohérent avec la manière dont le réseau présente son accompagnement.

Et surtout, il ne faut pas transformer une étude d’implantation en promesse de chiffre d’affaires. Un bon emplacement ne garantit jamais un bon résultat.


5. Sous-estimer la partie « réseau »

Le réseau n’est pas une simple carte avec le nombre de franchisés.

Le Code de commerce prévoit notamment la liste des entreprises du réseau, leur mode d’exploitation, certaines informations relatives aux entreprises françaises liées par des contrats de même nature, ainsi que le nombre d’entreprises sorties du réseau au cours de l’année précédente et les raisons de leur sortie. (Légifrance). Et cette dernière information est particulièrement sensible.

Imaginez un candidat qui découvre après avoir signé que plusieurs franchisés ont quitté le réseau récemment. L’information n’est évidemment pas la même selon qu’ils sont partis parce qu’ils ont vendu leur entreprise après dix ans d’exploitation… ou parce qu’ils ont résilié leur contrat après deux ans.

Le DIP doit permettre de comprendre cette réalité.


6. Transformer les chiffres du réseau en argument commercial

« Nos franchisés réalisent en moyenne 700 000 € de chiffre d’affaires. »

La phrase paraît rassurante. Mais une moyenne peut cacher énormément de choses.

700 000 € de moyenne avec des unités entre 300 000 € et 1,5 M€ n’a pas du tout la même signification qu’un réseau homogène autour de 700 000 €.

La jurisprudence rappelle d’ailleurs qu’une moyenne ne traduit pas nécessairement l’hétérogénéité des performances des unités. (courdecassation.fr)

Un chiffre moyen sans contexte peut donc être parfaitement exact… tout en étant commercialement trompeur.



7. Présenter un prévisionnel comme s’il faisait partie du DIP

C’est une confusion extrêmement fréquente.

Le franchiseur n’a pas, en principe, l’obligation légale de fournir un compte d’exploitation prévisionnel au candidat.

En revanche, s’il communique des chiffres, des ratios ou des données qui servent directement à construire un prévisionnel, la prudence est indispensable.

Le problème n’est donc pas seulement : « Qui a fait le prévisionnel ? »

Il faut aussi regarder : « Sur quelles données a-t-il été construit ? », « Ces données sont-elles comparables au projet ? », « Les hypothèses sont-elles réalistes ? »

La jurisprudence a déjà sanctionné des prévisions jugées insuffisamment sérieuses lorsque les données utilisées n’étaient pas réellement comparables au projet du franchisé. (courdecassation.fr)


8. Oublier les investissements spécifiques à l’enseigne

C’est une information particulièrement concrète pour le candidat.

  • Travaux.

  • Mobilier.

  • Enseigne.

  • Matériel.

  • Logiciels.

  • Formation.

  • Équipements spécifiques.

  • Droit d’entrée.

  • Autres dépenses liées au concept.

Le DIP doit préciser la nature et le montant des dépenses et investissements spécifiques à l’enseigne ou à la marque que le candidat devra engager avant de commencer son exploitation. (Légifrance)

Et c’est précisément le genre d’information qui intéresse davantage un candidat que dix pages de statistiques macroéconomiques.


9. Ne pas aligner le DIP et le contrat

C’est une erreur particulièrement dangereuse.

Le DIP indique une durée.

Le contrat en prévoit une autre.


Le DIP parle d’une exclusivité territoriale.

Le contrat la définit différemment.


Le DIP annonce certaines redevances.

Le contrat en ajoute d’autres.

Le DIP décrit un système de licence.

Quelques semaines plus tard, le candidat signe finalement une franchise.

Ce type de décalage peut devenir extrêmement problématique.

Le DIP et le projet de contrat doivent être pensés comme deux pièces d’un même dossier, pas comme deux documents produits par deux équipes différentes.


10. Croire que la signature du candidat règle tous les problèmes

« Il a signé le DIP. » Donc tout va bien ?

Non.

La signature permet notamment de documenter la remise du document, mais elle ne transforme pas une information inexacte en information exacte.

  • Une information obsolète reste obsolète.

  • Une information incomplète reste incomplète.

  • Une information trompeuse ne devient pas sincère parce qu’elle a été paraphée.

La Cour de cassation rappelle que le manquement à l’obligation d’information précontractuelle n’entraîne pas automatiquement la nullité du contrat : encore faut-il, selon les circonstances et le fondement invoqué, établir notamment un vice du consentement tel qu’une erreur ou un dol. (courdecassation.fr)


Mais c’est précisément pour éviter d’arriver à ce débat qu’il faut construire correctement le DIP en amont.


11. Négliger la preuve de la remise

Autre erreur très pratique : avoir un excellent DIP…mais être incapable de démontrer précisément quel document a été remis, à quelle date et avec quelles annexes.

Le franchiseur doit pouvoir documenter la remise du DIP et du projet de contrat dans les conditions prévues par la loi.

Et le délai de 20 jours n’est pas une simple formalité de calendrier.

Il doit être anticipé dans le processus commercial.

D’autant que le délai doit être respecté avant la signature du contrat et, lorsqu’une somme est versée pour réserver une zone, avant ce versement. (Légifrance)


12. Utiliser le DIP comme un outil commercial

C’est peut-être l’erreur la plus subtile. Le DIP n’est pas une brochure commerciale.

Ce n’est pas le catalogue du réseau. Ce n’est pas le document destiné à convaincre le candidat que son projet va fonctionner.

C’est un document d’information précontractuelle. Sa fonction est précisément de permettre au candidat de prendre une décision éclairée.

Et parfois, la meilleure information à donner est celle qui n’est pas particulièrement flatteuse.

  • Un marché mature.

  • Une forte concurrence.

  • Des performances très variables.

  • Des sorties importantes du réseau.

  • Un investissement élevé.

  • Une zone de chalandise difficile.

  • Un concept encore jeune.

Ce sont justement ces informations qui donnent de la crédibilité au reste du document.

Le vrai sujet : la cohérence

Au fond, les erreurs les plus dangereuses ne sont pas toujours les informations manquantes.

Ce sont souvent les incohérences.

  • Entre le DIP et le contrat.

  • Entre le DIP et la réalité du réseau.

  • Entre les chiffres annoncés et les performances réellement observées.

  • Entre le discours commercial et les données du marché.

  • Entre l’implantation proposée et le potentiel réel de la zone.

Un DIP solide doit donc être regardé comme un ensemble.

  • Juridique.

  • Financier.

  • Commercial.

  • Réseau.

  • Marché.

  • Et géomarketing.

Parce qu’un DIP n’est pas seulement un document que l’on remet avant de signer.

C’est aussi le document qui raconte au candidat la réalité du réseau qu’il s’apprête à rejoindre.

Et si cette réalité n’est pas suffisamment précise, à jour et cohérente, le problème ne sera pas forcément visible le jour de la signature.

Il peut apparaître beaucoup plus tard.

Au moment où le franchisé commence à perdre de l’argent.


 
 
 

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